Gouvernance et qualité du développement intégré de la petite enfance (dipe) au Sénégal: analyse critique des mécanismes de pilotage et des stratégies de renforcement institutionnel
International Journal of Development Research
Gouvernance et qualité du développement intégré de la petite enfance (dipe) au Sénégal: analyse critique des mécanismes de pilotage et des stratégies de renforcement institutionnel
Received 17th June, 2026 Received in revised form 20th July, 2026 Accepted 27th August, 2026 Published online 30th September, 2026
Copyright©2026, Bruno Youssou NDOUR. This is an open access article distributed under the Creative Commons Attribution License, which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited.
Inscrit dans la stratégie nationale de développement (SND 25-29) du capital humain (Sénégal Vision 2050), le développement intégré de la petite enfance (DIPE) est reconnu comme un levier fondamental de transformation de l’éducation par l’équité sociale et développement global des enfants. Pourtant, malgré cette priorité affichée, le sous-secteur de la petite enfance demeure structurellement fragilisé par une faiblesse de sa gouvernance, affectant tant l’efficacité des interventions que la qualité des services offerts aux enfants de 0 à 6 ans. Cet article propose une analyse critique de la capacité de gouvernance du DIPE, en ciblant plus particulièrement l’éducation préscolaire. Ancrée dans une approche qualitative, cette étude s’appuie sur une série d’entretiens semi-directifs menés auprès des acteurs clés de la chaîne de pilotage, notamment les directeurs des établissements préscolaires. L’analyse catégorielle des données qualitatives avec le logiciel NVivo a été structurée autour de deux thèmes principaux : (1) la gouvernance institutionnelle défectueuse et le faible financement du sous-secteur, et (2) le rôle des comités de gestion d’écoles et des partenariats dans le renforcement de la gouvernance locale. Les résultats mettent en lumière une triple crise de mise en œuvre. Au-delà de l’insuffisance notoire des financements publics, l’étude révèle (i) un pilotage institutionnel fragmenté et défectueux, marqué par un manque de coordination intersectorielle ; (ii) une défaillance des organes locaux de gestion, avec des comités de gestion souvent non opérationnels, limitant l’ancrage territorial des structures ; et (iii) l’absence de mécanismes formalisés de co-financement et de partenariats public-privé-communautaire durables, freinant l’innovation et la pérennité des actions.
